Cambodge: un juge d’instruction suisse démissionne du tribunal des Khmers rouges

L’un des deux juges d’instructions du tribunal parrainé par les Nations unies a démissionné ce lundi 19 mars 2012. Sa nomination était bloquée par le gouvernement cambodgien, souvent accusé de pression. Le juge Laurent Kasper-Ansermet a préféré démissionner, il affirme en plus qu’il ne pouvait pas travailler librement à Phnom Penh.

 

 

L’état exécrable de ses relations avec son collègue cambodgien n’était un secret pour personne. Dès le début, les deux magistrats croisent le fer par communiqués interposés. 
L’annonce du départ du juge Kasper-Ansermet crée néanmoins la surprise. Le Conseil suprême de la magistrature cambodgienne avait refusé de l’adouber, bien qu’il soit juge de réserve et ait reçu le plein soutien des Nations unies.

 

Surnommé le « juge Twitter », il avait posté des commentaires sur le réseau social critiquant la manière dont opérait son prédécesseur, lequel a, lui aussi, démissionné. Les affaires dites 3 et 4, impliquant cinq autres cadres khmers rouges en sus de ceux jugés : voilà l’obstacle sur lequel les deux magistrats auront buté.

Phnom Penh ne veut pas plus de deux procès. Une opposition ferme, justifiée par le souci de maintenir la paix dans le pays. La détermination affichée du juge Kasper-Ansermet d’instruire ces dossiers malgré l’absence de coopération de la partie cambodgienne n’aura pas suffi.

Les regards sont tournés vers l’ONU dont chacun attend une réaction forte. Sans quoi cela entacherait l’héritage du tribunal, vu alors comme aux ordres du gouvernement cambodgien.

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